Décret du 10 décembre 2025 : quels diplômes sont autorisés pour encadrer les enfants en EAJE ?

Le recrutement en petite enfance est aujourd’hui un enjeu majeur.


Pénurie de professionnels, tensions sur les équipes, exigences réglementaires renforcées : les gestionnaires d’EAJE doivent composer avec un cadre à la fois exigeant et en constante évolution.

Le décret n° 2025-1207 du 10 décembre 2025, publié au Journal officiel, vient préciser officiellement les diplômes autorisés pour l’encadrement des enfants dans les établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE).

 

Une plus-value pour le secteur ?

Décret 2025-1207 : un cadre réglementaire clarifié

Le décret du 10 décembre 2025 modifie le 1° du I de l’article R.2324-42 du Code de la santé publique. Son objectif : définir précisément les qualifications reconnues pour les professionnels chargés de l’encadrement des enfants dans les établissements d’accueil du jeune enfant.

Quand est-il entré en vigueur ?

Deux textes distincts encadrent ces évolutions :

Le décret n° 2025-304 du 1er avril 2025 réforme l’organisation des EAJE (fin du référent technique, quota de 40 % de diplômés, nouvelles règles d’encadrement en micro-crèche). Ses dispositions relatives aux micro-crèches entreront en vigueur le 1er septembre 2026.

Le décret n° 2025-1207 du 10 décembre 2025, publié au Journal officiel le 13 décembre 2025, complète la liste des qualifications reconnues dans les 40 % en y intégrant le titre professionnel IEPE. L’arrêté du 12 décembre 2025 crée officiellement ce nouveau titre.

 

Quels établissements sont concernés ?

Ces textes s’appliquent à l’ensemble des EAJE, quel que soit leur statut ou mode de gestion :

  • Crèches collectives
  • Micro-crèches
  • Multi-accueils
  • Haltes-garderies
  • Jardins d’enfants
  • Toute structure relevant du Code de la santé publique

Ils constituent désormais la référence pour les gestionnaires, les directions, les conseils départementaux et les services de contrôle lors des recrutements ou des inspections.

Diplômes autorisés pour encadrer les enfants en EAJE

Conformément à l’article R.2324-42 du Code de la santé publique, dans sa rédaction issue du décret n° 2025-1207, seuls les professionnels titulaires de qualifications strictement définies peuvent encadrer les enfants en EAJE.

Diplômes d’État reconnus :

  • Auxiliaire de puériculture diplômé d’État
  • Éducateur de jeunes enfants diplômé d’État
  • Psychomotricien diplômé d’État
  • Infirmier diplômé d’État
  • Puériculteur diplômé d’État

Titre professionnel reconnu :

Peuvent également encadrer les enfants les titulaires d’un titre professionnel répondant aux conditions cumulatives suivantes :
  • Enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP)
  • De niveau équivalent aux diplômes d’État listés
  • Qualifiant spécifiquement pour l’encadrement des enfants en EAJE
  • Délivré par le ministre chargé de l’emploi
Le décret ne précise pas le nom exact du titre professionnel concerné. Il pose un cadre juridique général, conditionné à l’enregistrement RNCP et à la finalité du titre.

Un impact direct sur la capacité de recrutement des gestionnaires

En pratique, cette liste restreinte de qualifications éligibles se heurte à une réalité que les gestionnaires d’EAJE connaissent bien : la pénurie chronique de professionnels diplômés d’État dans le secteur de la petite enfance. Le nombre de diplômés formés chaque année reste insuffisant pour couvrir les besoins, et les structures peinent déjà à pourvoir leurs postes vacants. En resserrant le périmètre des profils mobilisables sans élargir parallèlement les capacités de formation, le décret accentue mécaniquement cette tension RH. Les gestionnaires se retrouvent face à une équation difficile : maintenir un taux d’encadrement conforme aux exigences réglementaires tout en recrutant dans un vivier de candidats de plus en plus réduit. Cette contrainte pèse particulièrement sur les structures de petite taille ou implantées dans des zones géographiques déjà peu attractives, où l’accès aux profils qualifiés est encore plus limité. À terme, sans mesures d’accompagnement (revalorisation salariale, augmentation des places en formation, reconnaissance de passerelles diplômantes), ce cadre réglementaire risque d’aggraver les difficultés opérationnelles des établissements plutôt que de sécuriser la qualité de l’accueil qu’il vise à garantir.

Auxiliaire de puériculture en micro-crèche : quel rôle ?

L’auxiliaire de puériculture diplômé d’État figure en première position des qualifications reconnues par le décret 2025-1207. Ce professionnel occupe une place centrale dans le fonctionnement des EAJE et particulièrement des micro-crèches.

Missions de l’auxiliaire de puériculture

L’auxiliaire de puériculture assure l’accueil et l’accompagnement quotidien des enfants. Ses missions couvrent les soins d’hygiène et de confort, l’accompagnement des repas, la surveillance du développement et du bien-être, ainsi que la mise en œuvre des activités d’éveil en cohérence avec le projet pédagogique.

Pourquoi ce profil est recherché en micro-crèche

En micro-crèche, où les équipes sont réduites (3 à 4 professionnels pour 10 à 12 enfants), l’auxiliaire de puériculture apporte une polyvalence appréciée. Sa formation lui permet d’intervenir aussi bien sur les aspects sanitaires que sur l’éveil, ce qui en fait un profil particulièrement adapté aux structures à taille humaine. Dans le contexte du décret 2025-304 sur la fin du référent technique, où 40 % des ETP doivent être assurés par des professionnels diplômés d’État, l’auxiliaire de puériculture répond pleinement à cette exigence.

Un paradoxe : des profils indispensables mais rares sur le marché

Si les auxiliaires de puériculture et les éducateurs de jeunes enfants (EJE) sont les profils que les crèches cherchent en priorité à recruter, la réalité du marché de l’emploi rend cette ambition de plus en plus difficile à concrétiser. Les promotions formées chaque année ne suffisent pas à absorber la demande, et la concurrence entre structures (crèches municipales, associatives, privées, hospitalières) réduit encore les chances pour les micro-crèches d’attirer ces profils. Le décalage est d’autant plus marqué que les exigences réglementaires poussent les gestionnaires à renforcer la part de diplômés d’État dans leurs équipes, alors même que le vivier de candidats se tarit. Les micro-crèches, souvent moins compétitives en termes de rémunération et d’avantages sociaux que les grandes structures publiques, sont en première ligne face à cette pénurie. Résultat : des postes restent vacants, des ouvertures de places sont retardées, et certains gestionnaires fonctionnent en sous-effectif qualifié, au risque de fragiliser la qualité d’accueil que la réglementation cherche précisément à garantir.

CAP AEPE et encadrement en crèche : ce que dit vraiment le décret

La publication du décret 2025-1207 a ravivé un débat sensible dans le secteur : le CAP Accompagnant Éducatif Petite Enfance (CAP AEPE) permet-il d’encadrer les enfants en EAJE ?

Le CAP AEPE absent de la liste officielle

Force est de constater que le CAP AEPE ne figure pas dans la liste des diplômes d’État reconnus par l’article R.2324-42. Cette absence suscite incompréhension et inquiétude chez de nombreux professionnels et gestionnaires.

Une controverse légitime

La polémique repose sur plusieurs constats concrets exprimés par les acteurs du terrain : Des professionnelles exclues malgré leur expérience. De nombreuses titulaires du CAP AEPE exercent déjà en EAJE, parfois depuis plusieurs années. Elles se retrouvent en dehors de la liste des diplômes reconnus pour l’encadrement, sans mesure transitoire clairement définie. L’expérience non valorisée. Le décret ne traite pas de la reconnaissance des compétences acquises sur le terrain ni des parcours professionnels déjà engagés. Seul le diplôme initial compte. Des solutions perçues comme inaccessibles. Les voies souvent évoquées (formation complémentaire vers le DEAP, VAE) sont jugées longues, exigeantes et parfois incompatibles avec les contraintes personnelles, financières ou organisationnelles des professionnelles concernées.

Les conséquences pour les structures

Dans ce contexte tendu, les gestionnaires redoutent plusieurs effets :
  • Un écart accru entre exigences réglementaires et réalité des recrutements possibles
  • Une pression supplémentaire sur des équipes déjà fragilisées par la pénurie
  • Une difficulté à fidéliser des professionnelles pourtant investies et compétentes

Quelle solution pour les titulaires du CAP AEPE ?

Face à la pénurie de diplômés d’État et à l’impossibilité pour les titulaires du CAP AEPE d’intégrer les 40 % de professionnels qualifiés exigés en EAJE, les pouvoirs publics ont apporté une réponse directe : la création du titre professionnel d’Intervenant Éducatif Petite Enfance (IEPE).

Le TP IEPE : un nouveau diplôme pensé pour le terrain

Créé par l’arrêté du 12 décembre 2025, le titre professionnel IEPE est une certification de niveau 4 (équivalent bac), délivrée par le ministère du Travail et inscrite au RNCP. Il se positionne comme une qualification intermédiaire entre le CAP AEPE (niveau 3) et le diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants (niveau 6), en mettant l’accent sur la dimension éducative de l’accompagnement du jeune enfant. Le TP IEPE est structuré autour de trois blocs de compétences : contribuer à l’accueil des jeunes enfants et à la réponse à leurs besoins fondamentaux, accompagner le développement des jeunes enfants, et accompagner les parents ou l’entourage des jeunes enfants.

Un diplôme directement intégré aux 40 %

Point essentiel pour les gestionnaires : le décret n° 2025-1207 intègre explicitement les titulaires du TP IEPE dans le quota des 40 % de professionnels qualifiés exigés en EAJE. Concrètement, un professionnel titulaire du TP IEPE compte au même titre qu’un auxiliaire de puériculture ou un EJE pour satisfaire cette exigence réglementaire. Comment y accéder ? Le TP IEPE est accessible par plusieurs voies, ce qui en fait une solution réaliste pour les professionnels déjà en poste :
  • La formation : un parcours de 1 400 heures minimum en présentiel (980 heures de formation théorique + 420 heures de stage), accessible en formation continue ou en alternance.
  • La VAE : voie privilégiée pour les titulaires du CAP AEPE déjà en poste en crèche, qui peuvent faire valoir leur expérience professionnelle pour obtenir le titre.
Ce diplôme s’adresse en priorité aux salariés des crèches et micro-crèches, ainsi qu’aux titulaires du CAP AEPE souhaitant monter en compétences et sécuriser leur parcours professionnel.

Un levier concret face à la crise du recrutement

La création du TP IEPE répond directement à l’équation que les gestionnaires connaissent bien : les crèches et micro-crèches doivent renforcer la part de diplômés dans leurs équipes, mais le vivier d’auxiliaires de puériculture et d’EJE est insuffisant. En offrant aux titulaires du CAP AEPE une voie d’accès vers les 40 %, le TP IEPE élargit le vivier de professionnels mobilisables sans abaisser le niveau d’exigence. Pour les gestionnaires de micro-crèches, c’est une opportunité concrète : accompagner la montée en compétences de leurs équipes actuelles plutôt que de chercher à recruter des profils rares sur un marché en tension.

Tableau récapitulatif : qui peut encadrer les enfants en EAJE ?

Le décret 2025-304 impose une composition précise des équipes en EAJE : 40 % minimum de professionnels diplômés (catégorie 1) et 60 % maximum de professionnels qualifiés (catégorie 2). Cette répartition a des conséquences directes non seulement sur le recrutement, mais aussi sur les modalités d’encadrement des enfants et les coûts salariaux. Catégorie 1 – Professionnels diplômés (40 % minimum de l’effectif en ETP)  
Diplôme / Qualification Peut encadrer seul jusqu’à 3 enfants Observations
Auxiliaire de puériculture DE ✅ Oui Profil polyvalent, très recherché
Éducateur de jeunes enfants DE ✅ Oui Peut aussi assurer la direction
Psychomotricien DE ✅ Oui Spécialiste du développement moteur
Infirmier DE ✅ Oui Peut aussi assurer la direction
Puériculteur DE ✅ Oui Peut aussi assurer la direction
TP IEPE (titre professionnel) ✅ Oui Certification niveau 4, intégrée aux 40 % depuis décembre 2025
Catégorie 2 – Professionnels qualifiés (60 % maximum de l’effectif en ETP)  
Diplôme / Qualification Peut encadrer seul jusqu’à 3 enfants Observations
CAP AEPE ❌ Non Encadrement uniquement à deux ETP minimum
BEP ASSP ❌ Non Encadrement uniquement à deux ETP minimum
Bac pro ASSP ❌ Non Encadrement uniquement à deux ETP minimum
 

Le cas critique du CAP AEPE : une bascule au 1er septembre 2026

Aujourd’hui, les titulaires du CAP AEPE justifiant de deux ans d’expérience en EAJE sont encore comptabilisés dans les 40 % de professionnels diplômés. Cette disposition transitoire prend fin au 1er septembre 2026. À cette date, ils basculeront dans la catégorie 2 (60 % qualifiés), quel que soit leur niveau d’expérience. Conséquence directe : certaines micro-crèches dont l’équipe repose majoritairement sur des profils CAP AEPE expérimentés pourraient se retrouver avec 0 % de diplômés au sens réglementaire dès septembre 2026, et donc en situation de non-conformité. Un impact concret sur les coûts salariaux Au-delà du recrutement, la distinction entre catégories 1 et 2 a un impact financier direct sur les structures. Un professionnel diplômé (catégorie 1) peut encadrer seul jusqu’à trois enfants en micro-crèche, tandis qu’un professionnel qualifié (catégorie 2, comme un titulaire du CAP AEPE) ne peut pas être seul avec les enfants : il faut au minimum deux ETP pour assurer l’encadrement. Pour les gestionnaires, cette différence se traduit concrètement en masse salariale. Une structure qui ne dispose pas de suffisamment de diplômés doit mobiliser davantage de personnel pour les mêmes plages d’accueil, ce qui alourdit les charges sans augmenter les revenus. Les micro-crèches, dont les marges sont souvent serrées, sont particulièrement exposées à cet effet ciseau.

Articulation avec la réforme du référent technique 2026

Le décret 2025-1207 sur les diplômes d’encadrement s’inscrit dans un mouvement plus large de professionnalisation du secteur. Il doit être lu en parallèle du décret 2025-304 sur la suppression du référent technique, applicable au 1er septembre 2026.

Les deux textes se complètent

DécretObjetEntrée en vigueur
2025-304Direction et organisation des EAJE1er septembre 2026
2025-1207Diplômes pour l’encadrement des enfants14 décembre 2025

Exigence des 40 % de diplômés

Le décret 2025-304 impose qu’au moins 40 % des ETP mensuels soient assurés par des professionnels diplômés d’État. Les diplômes listés par le décret 2025-1207 constituent précisément la référence pour calculer ce ratio.

Cette double exigence renforce la nécessité pour les gestionnaires de structurer leurs recrutements autour des qualifications officiellement reconnues.

Accompagnement EloFormaLyon : sécurisez vos recrutements

Face à ces évolutions réglementaires, anticiper et structurer sa politique RH devient essentiel. Chez EloFormaLyon, j’accompagne les gestionnaires et directions d’EAJE sur plusieurs axes :

  • Audit de conformité des équipes : vérification des qualifications au regard du décret 2025-1207 et calcul du ratio 40 %
  • Accompagnement VAE : orientation et suivi des professionnelles CAP AEPE vers le DEAP
  • Conseil en recrutement : identification des profils diplômés, rédaction des fiches de poste conformes
  • Formation des équipes : montée en compétences sur les exigences du référentiel national qualité
  • Appui à la direction : coaching pour assumer les nouvelles responsabilités issues du décret 2025-304

L’objectif : transformer ces contraintes réglementaires en opportunité de structuration et de montée en qualité.

Contactez-moi pour un diagnostic personnalisé de votre structure.

Questions fréquentes sur les diplômes en EAJE

Selon le décret 2025-1207, peuvent encadrer les enfants en EAJE les titulaires des diplômes d’État suivants : auxiliaire de puériculture, éducateur de jeunes enfants, psychomotricien, infirmier et puériculteur. Les titulaires d’un titre professionnel enregistré au RNCP et qualifiant pour l’encadrement en EAJE sont également autorisés.

Oui. Les titulaires du CAP AEPE peuvent exercer en crèche et en micro-crèche, au sein des 60 % de professionnels qualifiés (catégorie 2).

Attention toutefois : jusqu’au 1er septembre 2026, un CAP AEPE avec deux ans d’expérience est encore comptabilisé dans les 40 % de diplômés (catégorie 1). Cette dérogation disparaît en septembre 2026, ce qui impactera le ratio des équipes sans pour autant empêcher les CAP AEPE de continuer à travailler en crèche.

Pour intégrer durablement les 40 %, deux voies : la VAE auxiliaire de puériculture ou le nouveau titre professionnel IEPE.

Le décret 2025-1207 a été publié au Journal officiel le 13 décembre 2025 et est entré en vigueur le 14 décembre 2025. Depuis cette date, l’article R.2324-42 du Code de la santé publique dans sa nouvelle rédaction constitue la référence réglementaire.

Oui, l’auxiliaire de puériculture diplômée d’État fait partie des professionnels autorisés à encadrer les enfants en EAJE, y compris en micro-crèche. Ce profil est particulièrement recherché pour sa polyvalence entre soins et éveil.

Le décret 2025-304 impose qu’au moins 40 % des ETP mensuels soient assurés par des professionnels diplômés d’État. Ce ratio est calculé sur la base des diplômes listés par le décret 2025-1207.

L’article R.2324-42 définit les qualifications requises pour les professionnels chargés de l’encadrement des enfants dans les établissements d’accueil du jeune enfant. Sa rédaction actuelle est issue du décret 2025-1207 du 10 décembre 2025.

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