Le recrutement en petite enfance est aujourd’hui un enjeu majeur.
Pénurie de professionnels, tensions sur les équipes, exigences réglementaires renforcées : les gestionnaires d’EAJE doivent composer avec un cadre à la fois exigeant et en constante évolution.
Le décret n° 2025-1207 du 10 décembre 2025, publié au Journal officiel, vient préciser officiellement les diplômes autorisés pour l’encadrement des enfants dans les établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE).
Une plus-value pour le secteur ?
Un décret pour clarifier les qualifications en EAJE
Le décret du 10 décembre 2025 modifie le 1° du I de l’article R.2324-42 du Code de la santé publique.
Son objectif est de définir précisément les qualifications reconnues pour les professionnels chargés de l’encadrement des enfants dans les EAJE (crèches, micro-crèches, etc.).
Il s’agit d’un texte réglementaire opposable, utilisé comme référence par :
les gestionnaires,
les directions,
les conseils départementaux,
les services de contrôle.
Quels établissements sont concernés ?
Le décret s’applique à l’ensemble des établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE), quels que soient leur statut ou leur mode de gestion.
Sont concernés :
les crèches,
les micro-crèches,
les structures collectives relevant du Code de la santé publique.
Diplômes autorisés pour encadrer les enfants en EAJE
Conformément à l’article R.2324-42 du Code de la santé publique, dans sa rédaction issue du décret n° 2025-1207, peuvent encadrer les enfants en EAJE les professionnels titulaires des qualifications suivantes :
Diplômes d’État reconnus
Auxiliaire de puériculture diplômé d’État
Éducateur de jeunes enfants diplômé d’État
Psychomotricien diplômé d’État
Infirmier diplômé d’État
Puériculteur diplômé d’État
Titre professionnel reconnu
Peuvent également encadrer les enfants :
les titulaires d’un titre professionnel :
enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP),
de niveau équivalent,
qualifiant pour l’encadrement des enfants en EAJE,
délivré par le ministre chargé de l’emploi.
Le décret ne précise pas le nom du titre professionnel concerné.
Il pose un cadre juridique général, conditionné à l’enregistrement RNCP et à la finalité du titre.
Entrée en vigueur du décret
Le décret est entré en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel, soit :
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Publication : 13 décembre 2025
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Entrée en vigueur : 14 décembre 2025
Depuis cette date, cette version de l’article R.2324-42 constitue la référence réglementaire en vigueur.
Dans un contexte de recrutement déjà complexe, cette clarification réglementaire apporte des leviers concrets et immédiatement mobilisables pour les gestionnaires d’EAJE.
Elle permet :
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de s’appuyer sur une liste officielle lors des recrutements,
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de sécuriser les décisions RH en cas de contrôle ou de questionnement,
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de réduire les interprétations divergentes entre structures, territoires ou interlocuteurs,
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de structurer les échanges avec les conseils départementaux sur une base commune.
La réglementation n’apporte pas de solution miracle à la pénurie, mais elle offre un cadre clair, partagé et vérifiable,
La publication de ce décret intervient dans un contexte déjà très tendu pour les structures de la petite enfance : pénurie de professionnels, difficultés de recrutement, équipes fragilisées.
La controverse exprimée par de nombreux acteurs du terrain repose sur plusieurs points concrets :
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Des professionnelles déjà en poste, formées et expérimentées (notamment titulaires du CAP AEPE),
se retrouvent en dehors de la liste des diplômes reconnus pour l’encadrement, quelle mesure transitoire ? -
Le décret ne traite pas de la valorisation de l’expérience,
ni des compétences acquises sur le terrain,
ni des parcours professionnels déjà engagés. -
Les solutions souvent évoquées (formation complémentaire, VAE) sont perçues comme :
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longues,
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exigeantes,
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parfois peu accessibles au regard des contraintes personnelles, financières ou organisationnelles.
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Dans ce contexte, certaines structures redoutent :
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un écart accru entre les exigences réglementaires et la réalité des recrutements possibles,
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une pression supplémentaire sur des équipes déjà sous tension,
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et une difficulté à fidéliser des professionnelles pourtant investies et compétentes.
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La polémique ne porte donc pas uniquement sur le texte en lui-même,
mais sur l’absence de réponses concrètes apportées aux enjeux de terrain :
formation accessible, reconnaissance des parcours, sécurisation des trajectoires professionnelles.
Le cadre existe. Le terrain, lui, attend encore des réponses concrètes.